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David J. Castleman letter to Mary Pride Jones, 18 April 1919

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Les troupes françaises devront s'en tenir éloignées de 2 à 3 kilomètres. Le même jour, 3 août, un nouvel ordre confirme et précise les instructions du 2 août. Le 4 août, un ordre du ministre de la guerre porte : ‹‹ L'Allemagne va tenter par de fausses nouvelles de nous amener à violer la neutralité belge. Il est interdit rigoureusement et d'une manière formelle, jusqu'à ce qu'un ordre contraire soit donné, de pénétrer, même par des patrouilles ou de simples cavaliers, sur le territoire belge, ainsi qu'aux aviateurs, de survoler ce territoire ››. Le 5 août seulement, a la demande du Gouvernement belge (formulée le 4), les avions et dirigeables français sont autorisés a survoler le territoire belge et nos reconnaissances à y pénétrer. ›› (Le Temps.)

UN AVEU ANGOISSÉ.

Le ‹‹ Tag ›› de Berlin, conservateur gouvernemental, fait l'énumération des faux calculs de la politique allemande. C'est la première fois qu'un journal de ce parti a la franchise de convenir de ces vérités désagréables :

‹‹ Nous nous sommes trompés dans tant de nos calculs. Nous nous attendions à ce que l'Inde entière se révoltàt au premier son des canons en Europe, et voilà que des milliers et des dizaines de milliers d'Indiens combattent maintenant avec les Anglais contre nous. Nous nous attendions à ce que l'Empire britannique fût réduit en miettes; mais les colonies britanniques se sont unies comme elles ne l'avaient jamais fait auparavant à la mère patrie. Nous nous attendions à un soulèvement victorieux dans l'Afrique du Sud britannique, et désordres en Irlande, et l'Irlande envoie contre nous quelques-uns de ses meilleurs contingents. Nous croyons que le parti de la ‹‹ paix à tout prix ››  était tout-puissant en Angleterre, mais il a disparu dans l'enthousiasme général qu'a suscité la guerre à l"Allemagne. Nous calentions que l'Angleterre était dégénérée et incapable de constituer un facteur sérieux dans la guerre, et elle se montre notre ennemi le plus dangereux.

›› Il en a été de même avec la France et al Russie. Nous pensions que la France était corrompue et qu'elle avait perdu le sens de la solidarité nationale, et nous constatons maintenant que les Français sont des adversaires formidables. Nous croyons que la Russie ne pouvait rien faire nous jugions que ce peuple était trop profondément mécontent pour combattre en faveur du Gouvernement russe, nous comptions sur son effondrement rapide, en tant que grande puissance militaire. Mais la Russie a mobilisé ses millions d'hommes très rapidement et très bien, son peuple est plein d'enthousiasme et sa force est écrasante. ›› Ceux qui nous ont conduits à toutes ces erreurs, à tous ces faux calculs, à toutes ces grosses méprises sur nos voisins et sur leurs affaires ont assumé un lourd fardeau de responsabilités. ›› Le ‹‹ Tag ›› aurait pu ajouter : ‹‹ Nous nous sommes trompés en comptant pour zéro, la résistance des Belges, et nous nous sommes trompés en espérant que l'Italie nous suivrait dans une guerre agressive. Ces deux erreurs ont eu aussi de notables résultats. >>

L'ASSASSINAT EN HAUTE MER.

Nous extrayons d'un premier Paris du ‹‹ Temps ›› du 1 avril les lignes suivantes : ‹‹ Les sous-marins allemands qui pillent les navires, avant de les couler, corsent leur piraterie par la pratique systématique et disciplinée de l'assassinat en haute mer. C'est ainsi que la presse britannique qualifie à juste titre, les torpillages du ‹‹ Falaba ›› et de l' ‹‹ Aguila ›› qui ont anéanti cent cinquante vies humaines. La destruction du ‹‹ Falaba ››, notamment, a été accomplie dans des conditions particulièrement odieuses, devant lesquelles des sauvages eux-mèmes hésiteraient. Le vapeur avait à bord deux cent cinquante personnes, passagers et marins. Le sous-marin allemand qui émergea à côté du paquebot lui accorda 10 minutes pour mettre les chaloupes à la mer ; mais avant que ce court délai fut écoulé, le ‹‹ Fablaba ››, atteint dans ses oeuvres vives, commençait à s'enfoncer. Des embarcations se brisèrent, des hommes, des femmes étaient précipités à la mer. Les Allemands ne les secoururent pas. Ils accablaient, au contraire, l'agonie de ces malheureux, de sarcasmes et de rires. Ce fut à l'intervention d'un chalutier que cent trente-sept naufragés durent la vie. L' ‹‹ Aguila ››, qui tenta d'échapper à l' ‹‹ U28 ››, essuya des coups de canon avant d'étre torpillé. Trois hommes furent tués par les projectiles, dix autres périrent lorsque le navire, auquel on ne laissa pas le temps de mettre ses canots à la mer, disparut sous les flots. Les autres ne furent sauvés que par l'apparition, sur les lieux du sinistre, d'un bateau de pèche. ‹‹ Il n'est pas une conscience indépendante qui ne se révolte devant de semblables cruautés qu'aucune opération militaire ne justifie. Ces crimes atroces, où les barbares accompagnent de leurs insultantes moqueries les affres suprêmes de leurs victimes innocentes, sont l'application sur l'eau des méthodes germaniques de la guerre terrestre.

›› Les Allemands qui ne sont jamais à court d'un sophisme, prétendront-ils que ces passagers assassinés en haut mer, sont victimes de leur imprudence, qu'ils návaient qu'à ne pas voyager à bord d'un bateau anglais? Ils ont bien allégué que c'était la Belgique qui était coupable de la violation de son territoire.

›› Les non-combattants qui perdent la vie à bord des bateaux torpillés par les marins teutons sont les victimes d'assassins. Tous les torpillages de navires de commerce n'ont toutefois pas été accompagnés des scènes atroces du ‹‹ Falaba ››. Les sous-marins allemands se sont parfois même prêtés au sauvetage des équipages. Aussi a-t-on vu le capitaine Persius, un ancien officier, un des écrivains maritimes les plus autorisés d'Allemagne, s'élever contre CES PERTES DE TEMPS, INVOQUER LES DANGERS QUE DES SCRUPULES HUMANITAIRES FONT COURIR AUX PIRATES ALLEMANDS, POUR EXIGER DES TORPILLAGES PLUS SOMMAIRES, SANS SEMONCE, SANS AUCUN EGARD POUR LA VIE HUMAINE. ›› Tout bateau rencontré doit être coulé. Ce sont ces nouveaux principes de combat que l' ‹‹ U 28 ›› a appliqués. ››

LA PRESSE ET LA DESTRUCTION DU ‹‹ FALABA ››.

Le ‹‹ New York Times ›› dit : ‹‹ Quoi qu'il en soit, maintenant que nous sommes prévenus que l'Allemange a l'intention d'employer dans la guerre navale des procédés primitifs de sauvages, l'opinion américaine tiendra peu de compte des protestations contre de simples gênes apportées à notre commerce. En présence de crimes monstrueux contre l'humanité, les délits secondaires perdent toute importance. ››

Du ‹‹ Journal of Commerce ››, organe conservateur :

‹‹ La sorte de guerre dont l'incident du ‹‹ Falaba ›› nous offre un exemple, fait de l'Allemagne l'ennemie du genre humain, sans la rendre plus efficacement l'ennemie de la Grande-Bretagne.

›› Elle est de nature à soulever contre l'Allemagne le courroux et l'exécration du reste de l'univers et à provoquer une protestation générale, qui devra être écoutée. ››

La ‹‹ Tribune ›› écrit :

‹‹ Nous espérons que ces brutes seront prises et pendues, non seulement comme punition de leurs crimes, mais pour la justification du droit des gens, qu'ils ont outrage d'une manière si diabolique. ››

LA SITUATION.

La situation s'améliore de jour en jour à l'Est et à l'Ouest.

Les Russes continuent leur offensive avec succès.

En France, les effectifs des Alliés sont devenus supérieurs en tous points aux effectifs allemands. Ces derniers subissent constamment des pertes sensibles, évaluées à plus de 200,000 hommes mis hors de combat mensuellement sur les deux fronts.