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David J. Castleman letter to Mary Pride Jones, 18 April 1919

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NUMERO 12 AVRIL 1915 PRIX DE NUMÉRO - élastique, de zéro à l'infini (prière aux revendeurs de ne pas dépasser cette limite) LA LIBRE BELGIQUE Acceptons provisoirement les sacrifices qui nous sont imposés... ... et attendons patiemment l'heure de la réparation. Le Bourgmestre, ADOLPHE MAX. Envers les personnes qui dominent par la force militaire notre pays, ayons les égards que commande l"intérêt général. Respectons les règlements qu'elles nous imposent aussi longtemps qu'ils ne portent atteinte ni á la liberté de nos consciences chrétiennes ni á notre Dignité Patriotique. M MERCIER. BULLETIN DE PROPAGANDE PATRIOTIQUE - RÉGULIÈREMENT IRRÉGULIER NE SE SOUMETTANT A AUGUNE CENSURE ADRESSE TÉLÉGRAPHIQUE : KOMANDANTUR - BRUXELLES BUREAUX ET ADMINISTRATION ne pouvant être un emplacement de tout repos, ils sont installés dans une cave automobile ANNONCES : Les affaires étant nulles sous la domination allemande, nous avons supprimé la page d'annonces et conseillons à nos clients de réserver leur argent pour des temps meilleurs. LES LOIS DE LA GEURRE D'APRÈS LES NATIONS CIVILISÉES ET LES LOIS ALLEMANDES DE LA GUERRE. Nous croyons que la comparaison des lois universelles de la guerre fixées par les conférences de La Haye, et de celles établies par la section historique du grand état-major alle-mand sera intéressante pour beaucoup de nos lecteurs. Elle leur fournira la raison principale des procédés germaniques mis en pratique en Belgique et dans la partie de la France occupée par nos ennemis.

Comparons d'abord les principes directeurs de ces deux différents codes de loi.

D'après l'état-major allemand le but de la guerre est ainsi défini :

‹‹ La guerre a pour but la destruction la plus rapide et complète possible de la force armée organisée de l'ennemi pour lui imposer le traité de paix le plus avantageux pour le vainqueur.››

Cette définition est exacte même pour la plupart des nations, mais elle démontre que la guerre, en elle-même, est un acte absolument contraire au droit et à la justice, acte prévu formellement par le Code pénal de tous les pays civilisés sous différents noms : extorsion, brigandage, vol à main armée, et autres appellations synonymes aussi peu flatteuses.

Par son essence, la guerre agressive ne trouve la justification que dans le cas où une nation est devant l'absolue nécessité d'obtenir justice d'un crime très grave commis contre elle para une autre nation, aucun autre moyen n'étant possible et la nation coupable refusant toute satisfaction.

Mais il y a lieu de faire attention surtout aux conséquences que l'état-major allemand tire de cette définition: voici le texte que suit immédiatement:

‹‹ La guerre donne carrière à toutes formes de la violence et permet aux pire excès de s'épanouir librement... Les brutalités trouvent donc des excuses ou des explications dans la force même des choses. Mais on comprendra que l'envahisseur, par la force même de sa situation, commettra plus de vexations et d'exactions, que l'envahi qui n'entre pas en contact avec la population civile de l'état ennemi. C'est là une vérité d'évidence qui peut être proclamée sand le moindre esprit d'acrimonie.

›› Une guerre énergiquement conduite est dirigée: a) contre l'ennemi combattant et ses dispositifs de défense; b) contre les ressources matérielles et morales qu'elle doit tendre à détruire.

›› Les considérations humanitaires, TELLES QUE LES MENAGEMENTS RELATIFS AUX PERSONNES ET AUX BIENS, ne font question que si la nature et le but de la guerre s'en accomodent.

›› DROIT DE LA GUERRE. Il ne faut pas entendre par ce mot, une loi écrite mise en vigueur par des traités internationaux, mais seulement DES CONVENTIONS NE REPOSANT QUE SUR LA RECIPROCITE, ET DES RESTRICTIONS A L'ARBITRAIRE que l'usage, la coutume, l'humanité et l'égoïsme bien entendu out élevées, mais DONT L'OBSERVATION N'EST GARANTIE PAR AUCUNE SANTION AUTRE QUE LA CRAINTE DES REPRESAILLES. ››

Entin, le chapitre premier sur le but de la guerre se termine par cette déclaration de principe, réellement stupéfiante:

‹‹ RIGUERS NECESSAIRES. L'officier est lui-même fils de son temps, il est entrainé par les courants moraux qui agitent son pays, et cela D'AUTANT PLUS QU'IL EST PLUS CULTIVE.

›› Il se défendra contre les idées humanitaires exagérées, et se rendra compte que la guerre comporte forcément une certaine rigueur, et bien plus, que LA SEULE VERITABLE HUMANITE RESIDE SOUVENT DANS L'EMPLOI DEPOURVU DE MENAGEMENTS DE CES SEVERITES. ››

Songez ce que doit être l'esprit des officiers auxquels on a inculqué le mépris et al haine des citoyens du pays envahi; auxquels on a représenté ce pays comme un nid de francs-tireurs, dont les femmes sont des forcenées et dont les filles crèvent les yeux aux blessés. Que ne feront-ils pas ces officiers en recevant les enseignements officiels qui leur disent, que la vrai humanité réside dans l'arbitraire le plus implacable, que la fin de la guerre est la destruction des forces matérielles et morales de l'ennemi, et que LA SEULE SANCTION du prétendu droit de la guerre EST LA CRAINTE DES REPRESAILLES, e'est-à-dire un sentiment que l'envahisseur n'a point, surtout quand il se croit, comme l'allemand, supérieur à tout le monde. Naturellement, il se croira tout permis pour arriver à son but patriotique et pour terroriser l'ennemi. Il tuera, brûlera, DETRUIRA en un mot LES FORCES ‹‹ matérielles et morales ›› de l'adversaire.

Les textes reproduits ci-dessus nous fournissent aussi une explication de la conduite révoltante de l'Allemagne, en ce qui concerne la neutralité belge. Cette neutralité n'était pas seulement protégée par les traités de 1839 renouvelés en 1870. La Convention internationale signée à La Haye, par l'unanimité des quarante-quatre nations civilisées de l'univers, et ratifiée par le Gouvernement allemand, stipulait dans son article 1^er^: LE TERRITOIRE DES PUISSANCES NEUTRES EST INVIOLABLE. L'article 2 interdisait aux belligérants d'y faire passer ses troupes ou des convois, soit de munitions. soit d'approvisionnements.

Cette convention fait partie du droit des gens. Elle a été votée par l'assemblée politique la plus imposante qu'on ait jamais réunie, puisque tous les pays civilisés y étaient, offi-